En bref

En bref : LES HÉRITIERS de Marie-Castille Mention-Schaar

NOTE : 2,5/5

D’après une histoire vraie. Lycée Léon Blum de Créteil, une prof décide de faire passer un concours national d’Histoire à sa classe de seconde la plus faible. Cette rencontre va les transformer.

Une classe en échec scolaire et un défi a priori chimérique. Les jalons du drame populaire à la française annoncent déjà une fin courue d’avance. Le sujet n’est pas nouveau, et frôle parfois le déjà-vu d’un « Esprits Rebelles » (John N. Smith), ou, plus local, « Entre les murs » de Laurent Cantet.

Cependant Marie-Castille Mention-Schaar n’a jamais prétendu faire des films cinématographiquement ambitieux, mais plutôt du divertissement. Un parti-pris difficilement critiquable, donc, mais qui ôte aux « Héritiers » un supplément d’âme vivement espéré. Voilà donc un film gentillet et bienveillant, dont la mise en scène se démarque peu des autres réalisations du genre. Les mêmes thèmes y sont abordés, du défaitisme des directeurs d’établissements au phénomène des « classes poubelles ».

LesHeritiers-GuyFerrandis

 « J’ai l’impression de plus croire en vous que vous ne croyez en vous-même ». Ariane Ascaride, plutôt transparente pour moi jusque là, se révèle littéralement dans « Les Héritiers ». En prof déterminée et convaincue, elle porte le film à bout de bras. A tel point qu’à la fin, j’ai presque envie de lui dire merci : merci d’y avoir cru pour moi, merci de m’avoir donné le courage d’aller jusqu’au bout du film. L’actrice motive le spectateur comme elle motive ses élèves. Magnifique.

Car en effet, mieux vaut ne pas trop compter sur eux. Certains allant jusqu’à tendre le bâton pour se faire battre. Marie-Castille tente ici et là une approche, pénètre derrière la porte de leur intimité. Mais la caméra reste en surface. Les élèves doivent rester des anonymes, une vérité générale, pour tous les enfants des quartiers difficiles. Le film décide ainsi de ne pas choisir entre l’aspect historique du concours et l’histoire sociale des élèves. « Les Héritiers » est un peu en quête d’identité.

Lesheritiers

Le film n’en est pas moins émouvant. Le sujet qu’il aborde – les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi – réveille en chacun de nous des frissons. Sans le savoir, d’ailleurs, Marie-Castille rend un élégant hommage à Léon Zyguel, rescapé des camps, et décédé trois mois seulement après la sortie du film, dans lequel il témoigne. Terriblement dommage, de ce fait, que le film ne fasse pas cas d’école en s’inscrivant dans les anales.

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