Cannes 2015

68ème Festival de Cannes : J-2

Sept ans. Cela fait sept ans que j’espère en silence avoir le bonheur de retrouver l’effervescence cannoise, après mon bref passage en 2008. La première fois que je découvrais, émerveillée, le microcosme cinéphile taillé dans l’or et les paillettes.

Cannes, je l’envisage un peu à la manière d’un rêve éveillé, où convergent l’essence même de ce qui me fascine au cinéma : des films audacieux, tendancieux, ambitieux et, certainement, irrévérencieux. D’ailleurs, la programmation promet son lot de surprises. En compétition ou non, en lice pour la Palme d’Or ou dans les catégories annexes, j’ai déjà fait mon petit marché …

valleyoflove

Je trépigne de joie à la lecture des cinéastes annoncés, sensible à leur univers et à leurs messages. Parmi eux Emmanuelle Bercot bien sûr avec « La Tête Haute », mais surtout Maïwenn avec « Mon Roi », ou Kore-Eda Hirokazu – véritable poète des images – avec « Notre petite sœur ». Je n’oublie pas non plus Guillaume Nicloux : j’avoue ne pas connaitre son travail, mais son « Valley of love » promet d’être un bonheur pour les yeux, avec Isabelle Huppert en protagoniste. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est pourtant Yorgos Lanthimos et son « Lobster » que j’ai le plus hâte de découvrir ! Son cinéma de l’absurde, paradoxalement violent et léger à la fois (voir ma critique de « Canine ») est aussi talentueux que dérangeant. Forcément, je suis fan …

Côté bizarreries, il se murmure que Gaspar Noé compte à nouveau traumatiser le public avec « Love ». Un drame pornographie (après tout Bruce Labruce nous invente bien du porno zombie), dont le synopsis (un homme qui se remémore une histoire d’amour sulfureuse : une passion amoureuse faite de promesses, de jeux et d’excès …) n’a pas spécialement de quoi émoustiller la ménagère … Cela me rappelle mon petit moment de solitude à Cannes 2008. J’ai 18 ans moins quelques jours, je suis au Festival de Cannes et j’ai entre les mains le précieux sésame qui me permet de monter les marches et fouler le tapis rouge des stars. Je me sens VIP le temps d’un instant, où je franchis la mythique salle Louis Lumière pour voir l’un des films en compétition officielle – et en présence du réalisateur. A ce moment précis, je n’ai aucune idée de l’oeuvre que je vais voir. Il s’agit en fait de « Serbis » de Brillante Mendoza (lire ma chronique en 2008 pour Total-Ciné) , qui explore la misère philippine à travers la déchéance d’un cinéma pornographique gay. Un film … en cohérence avec son propos. Et là c’est le défilé de scènes. Avec le recul, j’admets que j’ai vu pire, mais l’effet de surprise ajoute au malaise. La moralité ? C’est quand même un peu plus classe de voir un film érotique à Cannes qu’en solitaire dans son canapé …

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C’est là toute la magie de Cannes : surprendre et troubler, à l’évidence. Pour cette 68ème édition, c’est Ingrid Bergman que l’on retrouve en tête d’affiche du Festival. La muse de Roberto Rossellini, la Jeanne d’Arc de Victor Fleming, la beauté hitchcockienne … Pour me mettre en conditions, je redécouvre cette actrice au fil des pages du livre « L’année des volcans » de François-Guillaume Lorrain (éditions J’ai Lu). La prose de l’auteur est autant une invitation au voyage que l’histoire d’amour de la comédienne avec Rossellini …

Suivez-moi dans mes pérégrinations cannoises du 15 au 18 mai 2015 sur Twitter, Facebook et ici-même pour des compte-rendus de Festival !

A très vite,
Annabel

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