En bref

En bref : LA RÉSISTANCE DE L’AIR de Fred Grivois

NOTE 2/5

SORTIE EN SALLES LE 17 JUIN 2015

Vincent mène une vie tranquille en dépit de ses récents problèmes d’argent qui remettent en cause ses projets et menacent l’équilibre de sa famille. Champion de tir au fusil, il rencontre Renaud, personnage aussi séduisant qu’énigmatique, qui lui promet une solution grâce à un contrat un peu particulier. Dès lors, Vincent met le doigt dans un engrenage des plus dangereux …

La poésie audacieuse et évocatrice du titre aurait pu donner naissance à un chef d’œuvre. Derrière l’écran, les apparences sont quelque peu trompeuses. Évitons tout malentendu : je n’insinue pas que le cinéma national ne soit pas à la hauteur de ses ambitions. Mais pour être honnête, « La résistance de l’air » est une petite déception. Le synopsis effectivement n’annonce rien de très original. Néanmoins l’intention était belle : réaliser (justement) un thriller à la française. D’ailleurs, les premières minutes font réellement honneur au film. Il y a tout : le mystère d’une situation inconnue, la froideur d’un individu déterminé, la surprise d’une action pourtant annoncée.

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Rien à voir cependant avec la vraie personnalité de Vincent, bon gars honnête et timide, voire un peu soumis à sa femme et son père. Un personnage attachant néanmoins, qui n’a en rien la carrure d’un héros hollywoodien. « La résistance de l’air » nage dans un entre-deux épuisant entre le côté intouchable très américain et l’intellectualisation obligée d’un personnage franco-français. A refuser de choisir, Fred Grivois plonge son protagoniste dans une certaine forme de malaise, très désagréable pour le spectateur. Reda Kateb a beau avoir du talent, cela ne suffit pas à sauver son rôle d’une déchéance programmée. Vincent force ainsi sa nature jusqu’à servir un ramassis de clichés « belle moto, putes et soirées » sur un plateau, en total désaccord avec lui-même. A l’écran, surtout l’impression d’un héros « qui fait semblant » et qui, par conséquent, perd en crédibilité.

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Bref, un candide à la frontière de lui-même, influençable et faussement sûr de lui. Est-ce donc ça le héros Français qu’on nous a promis ? En lui ôtant tous les attributs du parfait salaud, le cinéaste laisse transparaître un trouble certain qui n’est hélas jamais explicité. Un film noir certes, mais desservi par trop de zones d’ombre. Si seulement le réalisateur nous avait laissé pénétrer les émotions de Vincent, le comprendre. Sans doute le film aurait bénéficié de la fameuse « french touch » : un cinéma psychologue, qui accompagne ses personnages.

En outre, le film est plombé par un contexte familial complexe, sorte de « dramaturgie d’excuse », censée expliquer les dérives de Vincent. Un peu léger … Mais si, finalement, le véritable héros de l’histoire était sa femme ? Même absente du cadre, son ombre est omniprésente. La seule qui affronte et qui ose, tout en gardant la tête froide. C’est peut-être ça, la clé du film !

[Vu en AVP au Champs-Elysées Film Festival]

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