Cinéma vérité/En bref

En bref : UNE MÈRE de Christine Carrière

NOTE 2,5/5

SORTIE EN SALLES LE 24 JUIN 2015

Marie vit seule avec son fils de 16 ans. Elle se bat pour rester debout, pour le sortir des mauvais coups dans lesquels il s’enfonce. Trop usée et contrariée pour vivre sa vie de femme, Marie est coincée entre son ex toujours amoureux et son adolescent irrécupérable. Entre eux, les mots passent de plus en plus mal, l’amour s’exprime de moins en moins bien. La violence et le rejet envahissent tout. Il est mauvais fils, elle sera mauvaise mère. De là à penser qu’il n’y a pas d’amour…

De prime abord, la réaction tombe comme une évidence : encore ! Certains y ont vu un mélange de « Mommy » (Xavier Dolan) et « La tête haute » (Emmanuelle Bercot) : des références plutôt flatteuses, voire carrément vertigineuses, pour ceux qui leur emboîtent le pas. D’ailleurs, sur le fond comme sur la forme, l’élève est encore loin de dépasser le maître. En fait, « Une mère » est un film qu’il faut d’abord digérer pour apprécier. C’est en prenant le recul nécessaire que j’ai compris le sens du film. « Une mère » n’est pas une vulgaire copie : c’est le complément d’une trilogie.

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Évidemment, ces faux-airs de filiation ne sont qu’une série de coïncidences cinématographiques. Heureusement, Christine Carrière évacue vite cet effet souvent désagréable de « déjà vu ». Ici, elle se défend par quelques détails, dont la présence à l’écran de Mathilde Seigner. Oui, la star de « Camping », « Trésor » ou encore de « Max », littéralement renversante dans son rôle de mère découragée. Et c’est bien là toute la différence avec « Mommy », où la mère espère plutôt sauver son fils, que s’en débarrasser. Christine Carrière inverse les rôles, et met en scène l’ingratitude maternelle, détestant son fils par pure provocation, le cherchant, l’affrontant – dans un élan gêné d’amour et de rejet.

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En réalité, le film n’a pas la moitié de l’impact émotionnel qui a fait la recette de Dolan ou Bercot. Bien sûr, les personnages ont ce petit quelque chose d’attachant – essentiel pour ma part. Malheureusement le film reste d’une lasse platitude, ne réussissant jamais à tirer profit d’un paroxysme hélas trop rapidement avorté. De nombreuses ellipses plombent notamment la tension naissante, passant du film au téléfilm. Du coup, « Une mère » peine à s’imposer au spectateur, frustré d’attendre une rupture narrative qui n’arrive jamais.

Je note donc une belle moyenne, pour valoriser les beaux efforts de scénario, sa subtilité – maladroite, mais réelle. « Une mère » fait partie de ces films dont on peut lire entre les lignes, analyser les choix, interpréter les gestes. D’accord pour le calme sans la tempête, pourvu que l’histoire soit belle …

[Vu en AVP au Champs-Elysées Film Festival]

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