En bref/Ovni cinématographique

En bref : LES BÊTISES de Rose & Alice Philippon

NOTE 4/5

SORTIE EN SALLES LE 22 JUILLET 2015

François, la trentaine, lunaire et maladroit, est un enfant adopté. Pour rencontrer sa mère biologique, il s’introduit dans une fête organisée chez elle, se faisant passer pour le serveur. Il se retrouve alors au service d’une famille dont il ignore tout, la sienne.

Et si le cinéma d’aujourd’hui ressuscitait les chansons d’hier ? Céline Dion d’abord dans « Mommy » (Xavier Dolan), puis Michel Sardou dans « La famille Bélier » (Eric Lartigau). Cet été, ce sont « les bêtises » de Sabine Paturel que Rose et Alice Philippon veulent vous mettre dans la tête.

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Hélas … elles y parviennent ! Leur film au nom éponyme, irrésistiblement régressif, a tous les attributs du parfait contre-exemple; comparé à la mécanique des comédies actuelles. Car le véritable effet comique ne réside pas dans les dialogues – qui servent ici la dramaturgie -, mais plutôt dans la mise en scène. Espiègle, le film nous rejoue en quelque sorte ce que j’appelle le coup de la peau de banane : une fantaisie faite de simplicité, de sincérité, de maladresse plus tendre qu’agaçante. Pour autant, « Les Bêtises » se veut doux sans être lent, simple sans être facile, drôle sans être ridicule. En réalité, un ovni dans son genre, dont le modèle se veut très librement inspiré de l’emblématique Monsieur Hulot de Jacques Tati.

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C’est en tout cas ce que j’ai ressenti dès la première séquence, enchaînement drôle et bienveillant de scènes qui relèveraient presque du mime. Les deux cinéastes ne réinventent rien, elles gardent tout – du lacet coincé dans l’escalator à la tringle à rideau confondue avec une barre de bus – et réussissent néanmoins à redonner de l’élan aux plaisanteries les plus désuètes. Un effet totalement inattendu dans lequel on suppose un tas de références empruntées au cinéma muet, retrouvées ici dans la manière très théâtrale des personnages. Jérémie Elkaïm réalise ainsi bien plus qu’une performance d’acteur, menant son rôle vers le terrain de la représentation plus que sur celui du verbe. « Les Bêtises » dépasse l’image surannée qu’il pourrait renvoyer, ancré dans une temporalité résolument moderne. Une belle invitation à la légèreté …

Alors peu importe la fin malheureusement bâclée, les quelques longueurs et le côté stéréotypé de l’histoire. « Les Bêtises » est un film parfait dans son imperfection. Surprenant et malicieux, en totale cohérence avec la simplicité de l’ensemble. Original !

[Vu en AVP au Champs-Élysées Film Festival]

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