En bref

8è Édition du Festival DE ROME À PARIS

Tous les chemins ne mènent-ils pas à Rome ? La preuve en 11 films, venus se présenter dans la capitale à l’occasion du 8ème Festival du cinéma italien à Paris. Une sélection éclectique, témoignant de l’extrême vitalité du cinéma italien. Mais, était-il encore besoin de le démontrer ?

Si pour moi, le cinéma italien évoque immédiatement le souvenir indéfectible du sublime et déchirant « La vie est belle » (Roberto Benigni), l’année 2015 n’aura pas non plus manqué de nous rappeler à quel point les réalisations transalpines méritent que l’on s’y attarde. Largement représentées au dernier Festival de Cannes (rendant d’ailleurs hommage à Ingrid Bergman – muse du cinéaste italien Roberto Rossellini), comment passer à côté d’un « Youth » (Paolo Sorrentino) ou d’un « Mia Madre » (Nanni Moretti) ? (Et pourtant,  j’ai tout de même réussi à rater l’excitant « Tale of tales » de Matteo Garrone…) Résolument, un cinéma intime et audacieux.

Du 28 au 31 janvier 2016, c’est donc une programmation fraîche et inédite que le Festival nous promet, mêlant l’humour et le drame avec réussite. Rendez-vous est donc pris dans la grande salle du cinéma L’Arlequin, vraisemblablement vaisseau idéal des plus beaux voyages cinématographiques (en Allemagne, en Russie … et cette semaine, en Italie!). En outre, ces films, pour la plupart déjà sortis sur les écrans italiens, ne seront probablement jamais projetés sur les nôtres. Une autre bonne raison, s’il en fallait une, de ne pas rater « De Rome à Paris ».

Film d’ouverture : « QUO VADO ? », de Gennaro Nunziante

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Certes, « Quo vado ? » ne reflète pas la quintessence du Festival, mais incarne néanmoins l’autopsie d’un peuple, ausculté avec, il faut le souligner, beaucoup de dérision. Et quelle plus belle inauguration, pour nous mettre l’eau à la bouche, que le nouveau phénomène italien ayant réussi à dépasser « Star Wars VII » au box-office national ? A partir de là, voir « Quo vado ? » devenait incontournable.

Un petit fonctionnaire, fier de tamponner des permis de chasse à longueur de journée, vit le rêve de sa vie : un emploi garanti, une horde de privilèges et surtout, une mission tranquille. Lorsque l’Etat décide de supprimer des postes, Checco refuse l’indemnité de départ, au prix des pires mutations – pour peu qu’il conserve ses avantages. Sa rencontre avec une scientifique, sur la banquise du pôle Nord, l’amène à essayer de changer, pour devenir « civilisé ». Comprendre : renier ses origines italiennes au sang chaud, son attitude égoïste et son inénarrable culot.

Il faut bien une dizaine de minutes pour pénétrer l’univers de Nunziante, dont les intentions ne sont pas immédiatement évidentes. Passé l’enchaînement de sketchs aux traits grossiers, degré zéro de la comédie (une vieille voiture qui tombe en panne dans la brousse, au moment même où s’abat une pluie battante alors qu’il n’a pas plu depuis longtemps), le film prend enfin de l’épaisseur. Car Checco, sorte « d’imbécile heureux », se révèle finalement un personnage attachant, dont ses défauts passeraient, presque, pour des qualités. Un petit côté simpliste (les enjeux de Checco ne sont pas extraordinaires) qui rappelle quelquefois la magie ordinaire des « Bêtises » (Soeurs Philippon), bien que « Quo vado ? » ne puisse réellement se targuer d’être subtil. Mais la prestation quasi hystérique de Checco Zalone sauve le film, pour le rendre agréable, simplement.

La programmation complète du Festival est à retrouver ici, au tarif unique de 4 euros !

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