Cinéma vérité/En bref

En bref : FREE LOVE de Peter Sollett

NOTE 1,5/5

Années 2000. Laurel, est une brillante inspecteur du New Jersey. Sa vie bascule le jour où elle rencontre la jeune Stacie. Leur nouvelle vie s’effondre quand Laurel découvre qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Laurel a un dernier souhait : elle veut que sa pension revienne à la femme qu’elle aime, mais la hiérarchie policière refuse catégoriquement. Laurel et Stacie vont se battre jusqu’au bout pour faire triompher leurs droits.

De la flic super héroïne au coup de foudre sorti de nulle part pendant un match de volley-ball, on sent bien que dès le départ, quelque chose cloche. Outre le fait que cela sonne un peu à la manière d’un célèbre générique d’animé de Shizuo Koizumi, on est surpris par tant de désinvolture dans cette introduction aux multiples longueurs, et qui, clairement, ne s’encombre d’aucune subtilité superflue.

Free Love Moore Page

Certes, l’histoire vraie de Laurel et Stacie est définitivement revêtue de romanesque. Rendons donc grâce à Peter Sollett d’avoir désiré la sacraliser. Mais ce qui est vrai n’est pas toujours crédible. Alors, à vouloir épouser parfaitement les contours de la réalité, le cinéaste semble parfois oublier qu’il réalise un film. Où est son parti-pris ? Que veut-il précisément nous raconter ? Est-ce une histoire d’amour ? Une revendication égalitaire ? Un combat contre la maladie ? En refusant de s’affranchir du moindre détail, Sollett conçoit ce qu’il y a de plus impersonnel.

D’ailleurs, les choix d’affiches du film reflètent bien ce manque d’identité. Si l’américaine est plutôt tournée vers l’avenir, vers une cause, la française reste quant à elle en circuit fermé, les yeux de l’une dans ceux de l’autre. Encore une fois, difficile de comprendre où l’on veut nous emmener.

Freelove Freeheld

En résulte un spectacle tantôt embarrassant, tantôt désolant. Au milieu du désastre, Julianne Moore et Ellen Page semblent en panne technique, ne parvenant jamais à transcender leur rôle pour espérer élever l’ensemble. Ce n’est pourtant pas l’énergie qui leur manque, leur fureur transperçant littéralement l’écran. Hélas, qu’importe le talent lorsqu’il se heurte à des personnages inconsistants. En massacrant les temporalités, le film passe à côté de l’intensité de l’histoire d’amour, pourtant seule raison d’être de leur lutte acharnée – réduite ici à une figure entre l’insignifiance et la mièvrerie, née d’un baiser furtif en sortie de boîte de nuit. Du coup, entre cette vacuité et la presque hystérie collective, menée par (le très bon, cependant) Steve Carell, difficile de s’attacher franchement aux personnages.

Free Love Steve Carell

Il ne reste plus qu’à attendre l’émotion finale, point d’exclamation plutôt que point de culminance, qui n’atteint jamais le niveau d’un « Harvey Milk » (Gus van Sant) sur la cause homosexuelle ou d’un « Haut les Cœurs » (Solveig Anspach) sur le combat contre le cancer. Alors naturellement, le spectateur ne lésine par sur les chaudes larmes. Mais on peut regretter que « Free love » soit cruel par essence – parce que le sujet l’induit – et ne cherche jamais à dépasser l’évidence. Décevant.

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