Cannes 2016/En bref

En bref : L’EFFET AQUATIQUE de Solveig Anspach

NOTE 3,5/5

SORTIE EN SALLES LE 29 JUIN 2016

Samir, la quarantaine dégingandée, grutier à Montreuil, tombe raide dingue d’Agathe. Comme elle est maître-nageuse à la piscine Maurice Thorez, il décide, pour s’en approcher, de prendre des leçons de natation avec elle, alors qu’il sait parfaitement nager. Mais son mensonge ne tient pas trois leçons – or Agathe déteste les menteurs! Choisie pour représenter la Seine-Saint-Denis, Agathe s’envole pour l’Islande où se tient le 10ème Congrès International des Maîtres-Nageurs. Morsure d’amour oblige, Samir n’a d’autre choix que de s’envoler à son tour…

Une dispute dans un bar. Un orage dans un corps de petit bout de femme, manifestement difficile à conquérir. Samir observe la scène en silence, amusé par tant d’éclat. Lui ? C’est un tendre nigaud, mais surtout un grand rêveur, qui se prend à soudainement à fantasmer sévère sur cette boule d’énergie contraire, réveillant en lui un vif sentiment de vie.

L’enjeu du film ne prétend à rien d’autre qu’à l’amour, dans une forme de légèreté désarmante. Et voilà justement ce qui est beau ici : parvenir à rendre épique une romance loufoque, des eaux municipales de Montreuil au fin fond des lacs d’Islande.

« L’Effet Aquatique » est de ce genre drolatique qui me rappelle à la féerie burlesque des « Bêtises » (Rose & Alice Philippon), jouant sur les mêmes contrastes dramatiques, les mêmes situations insolites, d’où naissent, comme par magie, de gracieux moments jubilatoires. De l’apprentissage inutile de la brasse dans une pataugeoire à l’usurpation d’identité à un congrès international de maîtres-nageurs, les efforts déployés par Samir n’ont de limites que l’envoûtement pour cette sirène revêche. Et si son imagination peine à trouver grâce, on pardonne alors, volontiers, quelques sacrés coups du destin pour l’y aider, usant des mêmes méthodes abracadabrantes afin de les rapprocher – d’une porte de cabine de change un peu capricieuse à une machine à café électrisante…

L'EFFET AQUATIQUE

Vous trouvez cela énormissime ? Certes, et comme dit l’adage : « plus c’est gros, mieux ça passe ». Cela est totalement vérifié ici. D’ailleurs, avez-vous remarqué comme l’eau déforme la vision, la grossit, l’amplifie ? La métaphore aquatique s’infiltre partout dans les recoins du film, qui se plaît à mettre en parallèle la douceur d’une rencontre et la piscine – le fameux « effet aquatique ». Ni plus ni moins que l’histoire d’un homme qui tombe amoureux, et se voit confronté au « grand plongeon » dans le bain des sentiments.

Avec pareil projet, Solveig Anspach aurait pu frôler le ridicule. Or le résultat est extrêmement attendrissant ! Et force est de constater que l’on trouve une vivacité incroyable dans ce film hélas posthume, empreint d’une innocente poésie dont elle seule a le secret…

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