Cannes 2016/Cinéma vérité/En bref

En bref : LA FILLE INCONNUE des Frères Dardenne

NOTE 2/5

SORTIE EN SALLES LE 12 OCTOBRE 2016

Un soir, après l’heure de fermeture de son cabinet, Jenny, jeune médecin généraliste, entend sonner mais ne va pas ouvrir. Le lendemain, elle apprend par la police qu’on a retrouvé, non loin de là, une jeune fille morte, sans identité.

Une médecin généraliste dont ne sait pas grand chose, de surcroît esseulée, est sur le point d’achever trois mois de remplacement dans un cabinet de ville. Sans famille, sans amis, sa vie ne semble occupée que par les patients, et Julien, ce stagiaire taiseux à peine plus âgé qu’elle. Lorsque l’on vient la consulter, il s’agit de parler de soi, de ses problèmes, de sa santé. Des enfants qui vont bien. Un lieu de confessions lié au secret professionnel, par lequel Jenny s’immisce de façon involontaire et discrète, dans la vie des malades.

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La torpeur est partout, jusque dans ce rituel répétitif et tout naturellement médical, d’une tournée de visites à domicile, au cabinet à l’atmosphère aseptisée, presque mortifère. Les lumières – néon et naturelle – éclairent en outre tout le film d’une clarté morose, renforçant, s’il en était besoin, un grand sentiment de désespérance. Normal que l’on étouffe déjà, entre les quatre murs des appartements, du bureau ou de la voiture. Mais au dehors, un meurtre peut-être été commis et le danger règne. Convaincue qu’en ayant refusé d’ouvrir elle est sans doute un peu responsable, Jenny est envahie de culpabilité. Et, paradoxalement, d’une avide curiosité. Elle, qui d’ordinaire sait tout de ses patients, est désormais confrontée à l’énigme, au mystère, à l’inconnu. Une forme d’auscultation compulsive, déformation professionnelle, qui l’exhorte à mener l’enquête, comme elle analyserait les symptômes pour identifier la maladie.

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Entre l’expiation et le besoin thérapeutique, Jenny s’engage donc dans une (en)quête solitaire à laquelle le spectateur peine à se passionner, tant, en plus, sa dimension psychologique surnage dans l’opacité. Relégué au simple rôle de témoin oculaire, difficile donc de se sentir concerné par la recherche d’une anonyme, par ailleurs déconnectée de l’environnement direct de la protagoniste. Les investigations avancent sans vitalité, sans éclat, au même son linéaire de la voix d’Adèle Haenel, parfois désinvolte. Jusqu’au dénouement qui, de même, nous parvient sans fulgurance ni émotion. Le revirement de situation se fait attendre ! Mais le film, de conclure comme il a débuté : avec platitude…

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