En bref

Rétrospective Christian Petzold / Harun Farocki au Centre Pompidou

Célébré au Centre Pompidou jusqu’au 14 janvier 2018, Christian Petzold n’est pas seulement un cinéaste allemand, mais surtout un cinéaste de l’Allemagne. Principalement connu en France pour ses films les plus récents – « Barbara » (2012) et « Phoenix » (2014), symboles des traumatismes de l’après-guerre – il fait partie de ces artistes fétichistes hantés par des causes, des crises, des visages. Inspiré par son mentor et partenaire Harun Farocki – lui-même cinéaste expérimental du « tout image », explorant quelle que soit leur nature photographies, images d’archives, de marketing ou de vidéosurveillance – il dénonce tour à tour le capitalisme, le terrorisme, la trahison.

Pour incarner ces préoccupations scénaristiques, l’actrice Nina Hoss est ce que Liv Ullmann ou Ariane Ascaride sont à Ingmar Berman et Robert Guédiguian : une muse. Ils débutent en 2001 avec « Dangereuses rencontres », la leur est fructueuse. Depuis, elle devient presque indissociable du cinéma de Christian Petzold, dont elle a joué près de la moitié des héroïnes, comme le fil conducteur d’une œuvre en mouvement.

En quatorze films, le Centre Pompidou (en collaboration avec le Festival d’Automne à Paris et le Goethe-Institut) retrace l’évolution de la société allemande vue à travers la caméra de Christian Petzold, à l’occasion d’une double rétrospective conjointe avec Harun Farocki, disparu en 2014.

Parmi les séances immanquables, celle du vertigineux « Phoenix », où une rescapée des camps, défigurée physiquement et mentalement cherche, dans un retour impossible vers le passé, à retrouver son identité et son mari. Projection exceptionnelle le 29 novembre à 20h en présence de Nina Hoss. A voir également : « Yella », pour lequel la comédienne a reçu un Ours d’Argent de la Meilleure Actrice au Festival de Berlin et qui sera projeté le 13 décembre à 20h.

Cliquez pour accéder au programme et informations


OPENING – « Dangereuses rencontres » (2001)
Projection le 17 décembre à 15h

Un avocat tombe amoureux d’une fuyante jeune femme. Il découvre qu’elle a un lien avec l’un de ses clients sorti de détention.

Double jeu, double prétendants, double visage, double vie… « Dangereuses rencontres » se construit sur la dualité, comme le recto et le verso d’un personnage en fuite. Le film fait ainsi le récit du mensonge et de la vengeance, à travers le portrait vénéneux d’une femme en apparence fragile mais qui, heurtée par un passé tragique, entreprend de manipuler les personnages comme les spectateurs. Si la première partie agace par sa lenteur, c’est que la tromperie doit d’abord se mettre en place pour prendre soudain toute son ampleur. Si bien que, dans la beauté cruelle du dénouement, on redoute encore que la sincérité de surface soit en fait une ultime manœuvre machiavélique. Fascinant.

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