Cinéma vérité/En bref

En bref : KEDI, DES CHATS ET DES HOMMES de Ceyda Torun

NOTE 2,5/5

Depuis des siècles, des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, mi sauvages, mi domestiqués – et apportent joie et raison d’être aux habitants.

Décidément à ne pas mettre entre toutes les pattes, « Kedi » ravira surtout les amoureux des chats. A Istanbul, ces prétendues petites réincarnations divines mènent une existence à la fois mouvementée (certains chatons sont abandonnés) et paisible (une communauté d’humains en prennent soin). Loin des tumultes de la géopolitique, qu’elle semble douce, la vie, sur les bords du Bosphore.

Qu’ils se volent leurs croquettes, quémandent auprès des clients et commerçants ou s’introduisent chez les gens, le film leur pardonne jusqu’à la moindre pitrerie, et s’attendrit même de leurs stratagèmes rodés et astucieux pour s’attirer la sympathie des hommes qu’ils se choisissent. Car les adorateurs des chats sont ainsi : prêts à donner sans recevoir, pour la seule présence bienfaitrice et apaisante des animaux. Gare à ceux qui y sont insensibles, au risque, sinon, d’être surpris par l’engouement presque surnaturel qu’ils suscitent !

Oscilloscope Laboratories / Epicentre Films

Le film dresse ainsi le portrait de sept félins à la personnalité atypique et affirmée. Joueurs, voleurs, capricieux, jaloux, boudeurs ou curieux, tous sont traités comme des stars de cinéma, dans des mouvements de caméra imaginés pour les magnifier. Cette manière affectueuse de les observer resurgit aussi dans les yeux de ceux qui les aiment et les soignent, et dit surtout quelque chose de nous-même.

Dans un monde politisé et fragile, « Kedi » est une balade régénérante et libératrice. Et offre comme une leçon à tirer de cette cohabitation épicurienne et pacifique, où l’homme et l’animal se retrouvent en parfaite harmonie. On leur prête ainsi des vertus curatives capables de guérir les plus profonds mal être, et jusqu’à « sauver » des hommes de la dérive ou du désespoir. Des petits miracles en somme, et une certaine idée de la thérapie.

Oscilloscope Laboratories / Epicentre Films

A l’ère du lolcat, phénomène de mode indémodable, « Kedi » est une contemplation mignonne et amusante des rois d’Istanbul, qui les glorifie mais n’oublie pas, quelquefois, de s’en moquer. Ce petit chat téméraire qui tombe d’un mur en voulant piquer le territoire d’un autre donne un peu d’air frais à cet amour inconditionnel et excessif qui, paradoxalement, donne au film son atmosphère si rassurante. Comme une manière, lointaine et détournée, de croire encore en l’humain et à sa générosité. Tourné à hauteur de pattes, « Kedi » manque clairement de recul et de contradiction, mais donne le sourire. Au bout d’1h20, quand on n’est pas fous de chats, c’est déjà immense !

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