cannes 2018/En bref

En bref : A GENOUX LES GARS d’Antoine Desrosières

NOTE 1/5

En l’absence de sa sœur Rim, que faisait Yasmina dans un parking avec Salim et Majid, leurs petits copains ? Si Rim ne sait rien, c’est parce que Yasmina fait tout pour qu’elle ne l’apprenne pas. Quoi donc ? L’inavouable… le pire… la honte XXL, le tout immortalisé par Salim dans une vidéo potentiellement très volatile.

A-t-on déjà vu un film plus pénible que celui-ci, qui parle du viol comme d’une vaste blague ? Inconscient et inconsistant, le film raconte le chantage subit par une jeune fille de la part de son copain, qui menace de diffuser une vidéo d’elle en train de faire une fellation au petit ami de sa sœur si elle lui en refuse en retour. A l’origine l’idée d’évoquer le « revenge porn » sur un ton décalé était plutôt intéressante. Mais situer l’action en banlieue, au lieu de servir la comédie, accentue le cliché et la misère sexuelle d’une jeunesse prise entre le désir et la religion, et donc réduit de fait ses personnages à l’état animal. De même que l’outrance et la démesure rendent ce film d’une vacuité proprement affligeante.

Pire, la désinvolture de cette jeune fille, plus préoccupée par la réaction de sa sœur que par l’agression sexuelle elle-même témoigne d’une immaturité stupéfiante. Et le film va encore plus loin, abandonnant sa protagoniste à une errance sexuelle, « suçant » à tout va, un peu dégoûtée certes mais sans franchement avoir l’air de trouver cela particulièrement humiliant. Même les dialogues tournent à vide comme des disques rayés, tant l’obsession sexuelle revient au cœur de chaque conversation, ponctuées de « wesh » intempestifs presque anaphoriques.

Sur jeu de « qu’est-ce qui est pire? » , il est un temps question de choisir entre l’homosexualité et la pédophilie, entre l’inceste et la zoophilie. Le film trouve vraisemblablement amusant de comparer l’incomparable, et ainsi dépeindre une jeunesse débile, honteuse et irréfléchie. Ce qui est pire, donc : est-ce le traitement du viol de cette jeune fille ou ce film en roue libre ? Outre la manière sidérante et frontale d’aborder ces sujets, et même si le twist final réhabilite quelque peu la dignité de cette jeune fille, reste que cette comédie ôtée de toute intelligence n’est ni exemplaire ni inoffensive pour les adolescents qui iront le voir. Quelle morale le film souhaite-t-il laisser ? Que l’obsession exagérée des garçons du film pour la fellation est ordinaire ? Inutile et dangereux.

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