cannes 2018/En bref

En bref : LES FILLES DU SOLEIL de Eva Husson

NOTE 1,5/5

Au Kurdistan, Bahar, commandante du bataillon Les Filles du Soleil, se prépare à libérer sa ville des mains des extrémistes, avec l’espoir de retrouver son fils. Une journaliste française, Mathilde, vient couvrir l’offensive et témoigner de l’histoire de ces guerrières d’exception. Depuis que leur vie a basculé, toutes se battent pour la même cause : la femme, la vie, la liberté.

D’une actualité brûlante, fait par et pour les femmes : mais pourquoi ce film que j’avais tellement envie d’aimer me déçoit-il à ce point ? Centré sur les rescapées du terrorisme qui ont fui les humiliations djihadistes, ces « filles du soleil » menées par Golshifteh Farahani se sont réunies pour former un groupe de combattantes au Kurdistan. Mathilde, reporter de guerre française, qui a aussi vécu le traumatisme des combats (elle est borgne) et la perte d’un être cher (son mari et collègue), vient couvrir leurs opérations.

Malgré quelques idées de mise en scène et de plans sublimes (la scène d’ouverture et de fin, sous la poussière, ce corps qui se relève), le film choisit une construction immobile basée sur la narration et le flash-back, qui l’enferme de fait dans une relation distanciée et indirecte. Ce qui, pour le spectateur, devient une histoire rapportée, vécue simplement du point de vue de l’héroïne. Prisonnier d’une architecture à rebours, le film manque du coup de rythme, d’immédiateté et d’intimité pour permettre au spectateur de nouer une véritable empathie envers ces femmes. Vu d’ici, le film donne la désagréable impression d’arriver après la bataille, lorsque tout est déjà joué. Mais outre ce sentiment d’être à la marge, le film au lieu de plonger le spectateur en immersion, le garde à la surface de l’action. Et reproduit, involontairement, l’indifférence vaguement émue des lecteurs de Mathilde, beaucoup trop loin pour s’inquiéter, beaucoup trop loin pour concrétiser ce combat abstrait.

Après tout, peut-être n’y avait-il pas de façon plus digne et respectueuse de relater l’horreur des outrages vécus par ces femmes, regardées comme des héroïnes plutôt que comme des victimes. N’empêche : cette fin cliché pleine de bons sentiments et de pathos est la quintessence du piège qu’il fallait éviter. Pour des femmes qui déjouent chaque jour des embuscades, il fallait oser ! Narratif et plat, donc, et qui passe à ce point à côté de son sujet qu’il a, à peine, le mérite d’exister…

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