cannes 2019

Cannes, jour 1 : Little Joe

LITTLE JOE de Jessica Hausner – Compétition officielle

Des généticiens mettent au point une fleur capable de rendre heureux. Aménageant une tension invisible et atmosphérique, autour de silences inquiétants et d’ambiances sonores stridentes, le film fait à la fois une expérience sociale et scientifique. Réflexion sur la finalité de la race humaine autant que sur les conditions du progrès, ce film étrange manque de rythme et de « véritable » surnaturel mais restitue néanmoins l’angoisse d’un danger tapis dans l’ombre, ourdit par l’homme et paradoxalement contre l’homme, ou le fantasme de la manipulation génétique révolutionnaire qui échappe à son créateur. Et si la plante cherchait à se venger ? Aussi belle que dangereuse, cette fleur d’un rouge exquis aux pétales gracieux comme les mouvements d’une anémone de mer tranche avec l’esthétique clinique qui ajoute au sentiment d’insécurité. Les personnages touchés par le pollen sont-ils réellement devenus froids et insensibles ? Au fond, tous les phénomènes advenus pourraient être affaire de coïncidences, le film refusant de donner toutes les clés sur les véritables conséquences de cette monstrueuse création. Le sujet est passionnant, dommage qu’il n’aille pas tout à fait au bout de son idée, sans jamais réellement aller plus loin que le simple concept.

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