Cannes 2017

70ème Festival de Cannes : J-2

Un an déjà que j’ai quitté Cannes avec le dernier Xavier Dolan sur les rétines, juste avant de filer à la gare. C’était ma fin du monde. La fin d’un cycle. Un an déjà que je ne vois pas le temps filer et voici que je refais le chemin inverse, impatiente et presque étonnée de retrouver l’ambiance si singulière de la Croisette. Les années se suivent et se ressemblent, mais le plaisir est intact. Avec la surprise toujours réjouissante de revivre chaque moment comme si c’était la première fois. C’est ce qui est profondément excitant ici : la diversité infinie et plurielle des talents, des inspirations, des techniques, des images, qui réinventent avec ingéniosité et passion les mêmes sujets, les mêmes angoisses, les mêmes obsessions. Et nous donner le sentiment puissant, immense, écrasant, d’un horizon de possibles totalement vertigineux.

Car si devant la caméra le Festival de Cannes se met lui-même en scène, vantant les paillettes, le glamour et le chic, c’est aussi sur l’écran que s’opère la déclaration d’amour la plus absolue au cinéma. En compétition officielle bien sûr, vitrine ultime des films qui jalonneront l’année. Mais c’est paradoxalement dans les sections parallèles qu’il faut chercher les vrais trésors, pépites d’un cinéma plus audacieux (parce que peut-être aussi libéré des contraintes d’un certain formatage). Faut-il rappeler par exemples que  le « Mustang » de Deniz Gamze Ergüven provenait de la Quinzaine des Réalisateurs, que le phénomène « Grave » de Julia Ducournau était projeté à la Semaine de la Critique ou que le lumineux « Swagger »  d’Olivier Babinet était discrètement présenté à l’ACID ? Cette année encore, on pourrait citer le film de Mathieu Amalric « Barbara » qui fera l’ouverture d’Un Certain Regard ou le Philippe Garrel « Les amants d’un jour » à la Quinzaine des Réalisateurs pour démontrer la richesse et la puissance de ces sections plus intimes, garantes d’une cinéma d’auteur vivant et vivifiant.

Parmi mes moments les plus attendus de ce Festival, j’ai déjà pu relever d’incroyables noms dont la seule évocation suffit à nourrir mon imaginaire. A peine suis-je capable de savoir ce qui me transcende le plus entre le retour follement excitant de Yorgos Lanthimos – probablement mon cinéaste préféré, sinon l’un d’eux – avec « Mise à mort du cerf sacré » et la double présence d’Isabelle Huppert chez le tourmenté et génial Michael Haneke dans « Happy end » – après « La Pianiste » et « Amour », deux merveilles – et chez l’abstrait Hong Sangsoo pour « La Caméra de Claire » ! Si je raterais avec peine les deux films de Mathieu Amalric acteur (« Les fantômes d’Ismaël ») et réalisateur (« Barbara »), je me console avec une grande curiosité pour le nouveau Lynne Ramsey – brillante dans son terrifiant « We need to talk about Kevin » et la présence inespérée du maître documentaire Raymond Depardon en séance spéciale.

En sélections parallèles, j’ai une envie inouïe de retrouver l’univers fantasque et osé de Sean Baker, le père de l’incroyable « Tangerine » filmé à l’iPhone qui présente « The Florida Project » à la Quinzaine des Réalisateurs. Et ce que j’ai déjà pu découvrir de l’ACID en pré-séance cannoise, « Le ciel étoilé au-dessus de ma tête », est une véritable promesse tant le film est déjà un coup de cœur. Pour le reste… Je laisse Cannes me guider, me prendre et me surprendre, m’envoûter, me décevoir ou me galvaniser, et orchestrer la fameuse « magie du cinéma » !

Suivez-moi dans mes pérégrinations cannoises du 19 au 27 mai 2017 sur Twitter, Facebook et ici-même pour des compte-rendus de Festival.

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